La battaille de Morgarten

[Titre original:  Morgarten findet statt]

Suisse 1978. DCP 4:3; 35 mm; 16 mm, couleurs, 96 min.

Morgarten findet statt Morgarten findet statt Morgarten findet statt affiche

Dans "La bataille de Morgarten“ nous suivons la commémoration de la bataille de Morgarten – symbole de liberté – d'aujourd'hui.

RéalisationErich Langjahr und Beni Müller
CaméraJohann Gfeller, Erich Langjahr, Werner Meier, Otmar Schmid
SonRoger Bonnot, Hanspeter Fischer, Justice Olsson, André Pinkus, Reiner Stahel
MontageErich Langjahr, Beni Müller
CollaborationRecherchen: Hartwig Thomas
Stagiaires: Mireille Eigner, Su Meili
Mischung: Georges Juon
Durée96 min.
FormatDCP 4:3; 35 mm; 16 mm
Format tournage16mm 4:3
Versions disponiblesDCP 4:3, Schweizerdeutsch, Untertitelversion deutsch und französisch
35mm, 96 Min., Farbe, Lichtton Dolby SR, 1:1.37 - 1:1.66, Schweizerdeutsch
35mm, 96 Min., Farbe, Lichtton Dolby SR, 1:1.37 - 1:1.66, Schweizerdeutsch, untertitelt deutsch/französisch
Vente DVD/vidéoDVD, VHS   [Commande]
FestivalsSolothurn, Nyon, Lille (FR), Cannes (FR), Paris (FR) Cinéma du réel und L'homme regarde l'homme, Mannheim (DE) und Leipzig (DDR), Hamburg (DE), Wels (A), Linz (A)
SallesProgrammkino in Zürich, Schwyz, Zug, Luzern und Baden; Parallelverleih (CH); 
Deutschland: Hamburg, Dortmund.
Diffusion TVDRS, TV Suisse Romande, 3sat
ProductionLangjahr-Film GmbH, Luegstrasse 13, CH-6037 Root
Tel. +41-41-450 22 52 – Fax +41-41-450 22 51
E-mail: info@langjahr-film.chenvoyer ce messagewww.langjahr-film.ch
Droits mondiauxLangjahr-Film GmbH
Distribution en Suisse
et internationale
Langjahr-Film GmbH, Luegstrasse 13, CH-6037 Root
Tel. +41-41-450 22 52 – Fax +41-41-450 22 51
E-mail: info@langjahr-film.chenvoyer ce messagewww.langjahr-film.ch
ISAN0000-0000-D7DD-0000-X-0000-0000-C
N° Suisa0080.868

Extraits de presse

RadioTV 1981 «Morgarten: Pile et face» (PDF, 3 MB)

...Parmi eux, Erich Langjahr et Beni Müller, dont on a vu le documentaire Morgarten findet statt sur la commémoration de la bataille de Morgarten qui, depuis qu'elle a eu lieu en 1315, est restée pour la Suisse symbole de sa liberté et du fédéralisme. Tourné dans le canton de Schwyz avec la contribution exclusive des participants à cette manifestation locale, le film utilise une démarche comparable à celle de Flaherty, recrée en les intensifiant les éclairages ambiants des lieux avant le tournage mais utilise le plus souvent la prise de son directe pour permettre aux personnes filmées de faire leur propre commentaire. Dans ce qui aurait pu n'être qu'une fête villageoise filmée par quatre caméras, le passé et la signification historique du lieu ont été intégrés grâce à un remarquable travail de montage qui, sans rejeter les méthodes de la fiction (mise en scène, répétitions, sélection) réinsère entre les parties de ce tableau documentaire stylisé des fragments de films d'archives tirés du Ciné-Journal suisse ou de long-métrages de fiction: Landammann Stauffacher de Leopold Lindtberg (1942) ou Le fondement de la confédération suisse de Emil Harder, amateur suisse américain, tourné en 1924.

Cette intéressante combinaison donne à voir la beauté burinée des visages des habitants de Sattel dont le silence correspond au retirement de ce village de la Suisse primitive: silhouettes remontant à contre-jour une pente enneigée dans une structure de mâts verticaux, scènes du concours de tir au pistolet, tablées d'enfants et d'amis ponctuées des discours des orateurs, messe militaire et procession; les enfants sont même conviés à réaliser leur propre mise en scène de la bataille à l'intérieur du film. La caméra joue un rôle de provocateur dans cette auto-représentation culturelle. Seul spectacle connu de ses habitants qui le rejouent constamment à travers les siècles de façon de plus en plus élaborée, Morgarten est le révélateur de l'expression culturelle d'une minorité régionale sur laquelle vient se greffer une certaine idéologie officielle suisse. Mais le montage filmique vient cependant casser le chœur patriotique et xénophobique. Réflexion subtile et sophistiquée sur la notation de documentaire, le film n'emploie jamais de zoom ou de surimpression, détachant clairement les scènes l'une de l'autre afin de laisser au spectateur la possibilité de juger par lui-même du contenu de la représentation, sans dissimuler ses manipulations au niveau de l'élaboration formelle.

Cinématographe, Corine McMullin

Un concours de tir commémore chaque année la bataille historique de Morgarten (1315) à la suite de laquelle les Habsbourg quittent la Suisse. 

Le film suit un principe stratégique: investir le plus complètement possible un lieu délimité (le village et ses abords) pendent un temps déterminé (une journée de fête). Quatre caméras s'attachent donc à suivre les différents groupes de participants – villageois, armée, clergé, notables – dans les différents moments de la fête. Chaque group étant déjà en représentation du fait de la circonstance, le film enregistre des fragments de mise en scène. Le montage, très élaboréé, confronte la multiplicité de ces fragments, leurs contradictions. A trois reprises dans l'histoire de la Suisse, la bataille de Morgarten a inspiré des films de fiction. Et l'insertion de séquences tirées de ces films contribue à faire éclater le "réel" (en particulier dans son unité de temps et de lieu). Dans la dernière partie, les discours officiels (dont l'un violemment antisoviétique et antiterroriste comporte un véritable appel à la délation) opposent à cet éclatement structurel du film leur prétention à unifier idéologiquement la fête et ses participants dans une perspective d'actualité. Mais le terrain appartient déjà à l'ennemi.

Cahiers du cinéma, Dominique Bergougnan

Que représente Morgarten aujourd'hui en Suisse centrale et qu'en fait-on? Est-ce le patriotisme, la volonté de se défendre ou tout simplement la joie de faire la fête, qui draine d'année en année les participants à cette fête de Morgarten? Telle est la question que pose l'orateur à la fin de la fête. Le pathos des discours semble faire pencher la balance du côté du patriotisme, les tires du côté de la volonté de se défendre, mais les images plaident incontestablement pour la fête.

Pour Gottfried Keller, qui nous a légué les plus beaux tableaux, la fête est l'occasion de faire revivre le passé. Les fêtes révèlent l'essence d'un peuple, en elles s'incarne la nation. Or, cette situation idéale, que Keller a vécue, appartient aujourd'hui à un passé révolu: ce film ce le rappelle que trop clairement.

Luzerner Neuste Nachrichten, Kurt Büchi